Inser ASAF est une association parisienne de lutte contre l’exclusion, fondée par des bénévoles dans les années 1980. Installée au 121 rue Manin (Paris 19e), avec une antenne à Pantin, elle offre surtout une domiciliation administrative aux personnes sans adresse stable, un accompagnement social, une aide à l’accès aux droits (CAF, CPAM, RSA) et un appui vers l’emploi. Il s’agit d’une domiciliation sociale : ce n’est pas un service d’adresse commerciale pour les sociétés.
Le nom revient régulièrement dans les recherches de créateurs, de recruteurs et de dirigeants qui croisent, un jour, un candidat ou un partenaire « domicilié chez Inser ASAF ». La confusion est fréquente : certains pensent à un domiciliataire d’entreprise, d’autres à une agence d’intérim solidaire. La réalité est plus simple et plus utile à connaître. Voici ce que fait l’association, ce qu’elle ne fait pas, et pourquoi un chef d’entreprise d’Auvergne a intérêt à comprendre ce mécanisme, même à 400 kilomètres de Paris.
Inser ASAF en quelques repères : origine, adresses, missions
L’histoire commence au début des années 1980, au moment où la question des personnes sans domicile devient visible dans l’espace public. Le point de départ des fondateurs tient en une idée : sans adresse, impossible de recevoir un courrier de la CAF, une convocation à un entretien ou une carte Vitale. Tout le reste, logement, emploi, soins, bute sur ce premier obstacle.
Quarante ans plus tard, la structure a gardé ce socle et l’a élargi. Son siège se trouve rue Manin, dans le quartier de la Villette, accessible par la ligne 5 du métro. La hausse des demandes venues de Seine-Saint-Denis a conduit à ouvrir une seconde implantation à Pantin, plus proche des publics concernés.
- Domiciliation : une adresse fiable pour recevoir son courrier administratif.
- Accompagnement social : des entretiens individuels pour faire le point sur l’ensemble de la situation.
- Accès aux droits : un appui pour les dossiers CAF, CPAM, RSA ou complémentaire santé solidaire.
- Insertion professionnelle : ateliers CV, préparation aux entretiens, orientation vers une formation.
L’association se présente comme un pivot : elle ne remplace pas les services publics, elle les rend accessibles. Elle travaille avec les travailleurs sociaux, France Travail, les missions locales, les banques alimentaires et les accueils de jour.
Domiciliation sociale ou domiciliation d’entreprise : ne pas confondre les deux
C’est le point qui génère le plus d’erreurs côté entrepreneurs. Plusieurs pages en ligne présentent Inser ASAF comme un « service de domiciliation d’entreprise », ce qui entretient le malentendu. Les deux dispositifs portent le même mot mais répondent à des logiques opposées.
| Critère | Domiciliation sociale (type Inser ASAF) | Domiciliation commerciale |
|---|---|---|
| Public | Personnes physiques sans domicile stable | Sociétés, entrepreneurs, associations qui cherchent un siège |
| Cadre | Code de l’action sociale et des familles, organismes agréés par la préfecture ou CCAS | Code de commerce, sociétés de domiciliation agréées |
| Coût | Gratuit pour la personne | Abonnement mensuel payant |
| Usage principal | Accès aux droits sociaux, papiers d’identité, compte bancaire | Adresse de siège social, Kbis, courrier professionnel |
| Document remis | Attestation d’élection de domicile | Contrat de domiciliation |
Pour une PME clermontoise qui cherche une adresse de siège à Paris, Inser ASAF n’est donc pas la bonne porte. Pour une personne qui vit en hébergement précaire et doit recevoir une notification de la CPAM, c’est au contraire exactement le bon interlocuteur.
Ce que l’attestation de domicile débloque pour la personne accompagnée
L’attestation d’élection de domicile a une valeur juridique réelle. Elle permet de demander une carte d’identité, de s’inscrire à France Travail, d’ouvrir des droits à l’assurance maladie, de percevoir des prestations sociales et de faire valoir le droit au compte bancaire auprès de la Banque de France. Sans elle, la plupart de ces démarches restent bloquées dès le formulaire.
Cette domiciliation a une durée limitée et doit être renouvelée. La personne s’engage aussi à garder un contact régulier avec l’organisme, faute de quoi elle peut perdre son adresse. Les règles précises (durée, fréquence de passage) évoluent avec la réglementation : mieux vaut les vérifier directement auprès de l’association ou sur le site officiel de l’administration avant de conseiller quelqu’un.
L’accompagnement va souvent plus loin que le courrier. Un salarié de l’association peut repérer qu’un dossier RSA est incomplet, qu’une complémentaire santé n’a jamais été demandée ou qu’une formation financée est accessible. C’est ce travail de fond qui fait la différence avec une simple boîte aux lettres.
Recruter une personne domiciliée par une association : les réflexes côté employeur
Pour un chef d’entreprise, le cas concret le plus probable est celui-ci : un candidat sérieux indique une adresse de domiciliation sur son CV ou son contrat. Rien d’anormal ni d’illégal. Quelques réflexes évitent les blocages administratifs.
- Accepter l’adresse de domiciliation comme adresse de correspondance pour le contrat, les bulletins de paie et les courriers RH.
- Anticiper le versement du salaire : si le compte bancaire n’est pas encore ouvert, laisser quelques jours au salarié, le droit au compte prenant un peu de temps.
- Prévoir un contact direct (téléphone, adresse e-mail) pour les urgences, le courrier postal pouvant être relevé avec un léger décalage.
- Rester discret : la situation de logement relève de la vie privée et n’a pas à être commentée dans l’équipe.
Dans des bassins d’emploi tendus comme ceux du Puy-de-Dôme ou de l’Allier, où l’industrie et les services peinent à pourvoir certains postes, se priver d’un candidat motivé pour une question d’adresse serait un mauvais calcul. Les structures d’accompagnement peuvent d’ailleurs aider le salarié à stabiliser sa situation dans les premières semaines.
En Auvergne, les relais qui jouent le même rôle
Inser ASAF intervient à Paris et à Pantin, pas à Clermont-Ferrand, Vichy, Aurillac ou Le Puy-en-Velay. Le même service existe pourtant partout en France. Le premier réflexe est le centre communal ou intercommunal d’action sociale (CCAS ou CIAS) de la commune où la personne a un lien : séjour, travail, démarches en cours, liens familiaux. Les CCAS ont l’obligation légale d’assurer la domiciliation des personnes qui en ont besoin sur leur territoire.
À côté des CCAS, des associations agréées par la préfecture de chaque département assurent aussi ce service. La liste est disponible auprès des services de l’État dans le Puy-de-Dôme, l’Allier, le Cantal et la Haute-Loire. Un dirigeant qui veut orienter un salarié ou un candidat gagne du temps en appelant directement le CCAS concerné plutôt qu’en cherchant un équivalent exact d’Inser ASAF.
Mécénat et engagement solidaire : ce qu’un dirigeant y gagne vraiment
Soutenir une association d’accès aux droits n’est pas réservé aux grands groupes. Une entreprise peut faire un don financier, mettre à disposition du matériel ou proposer du mécénat de compétences : un comptable qui anime un atelier budget, une chargée de recrutement qui fait passer des entretiens blancs. Sous réserve que l’organisme soit éligible, le don ouvre en principe droit à une réduction d’impôt de 60 % pour l’entreprise, dans les plafonds légaux ; il faut demander le reçu fiscal et vérifier l’éligibilité avant de compter dessus.
Au-delà de la fiscalité, l’intérêt est souvent humain et managérial. Les équipes impliquées dans un projet solidaire développent un sens du collectif qui se retrouve ensuite dans le travail quotidien, et beaucoup de dirigeants constatent que le succès d’une petite structure tient autant à la cohésion de ses équipes qu’à ses chiffres. L’engagement auprès d’associations comme Inser ASAF, ou de leurs équivalents auvergnats, nourrit aussi la marque employeur, sujet devenu décisif pour attirer des profils dans les métiers en tension.
Le soutien peut rester modeste et régulier : une collecte de produits d’hygiène dans les locaux, quelques heures de bénévolat par an, un partenariat avec le CCAS de la ville. Mieux vaut un engagement tenu sur la durée qu’une opération ponctuelle sans suite.
Inser ASAF propose-t-elle une adresse pour immatriculer une société ?
Non. L’association pratique la domiciliation sociale, destinée aux personnes sans domicile stable. Une société qui cherche une adresse de siège doit passer par une entreprise de domiciliation agréée, une pépinière ou un local professionnel.
Qui peut demander une domiciliation auprès de l’association ?
Les personnes sans domicile, hébergées de façon précaire ou en grande difficulté sociale, qui ont un lien avec le territoire couvert par l’association. Il est conseillé de prendre contact avec la structure pour connaître les conditions d’accueil et les pièces à fournir.
Une personne domiciliée peut-elle créer une micro-entreprise ?
Dans certains cas, l’adresse de l’organisme de domiciliation peut être utilisée pour déclarer une activité, sous conditions. Les règles étant techniques, il faut les vérifier auprès du guichet unique des formalités d’entreprises ou d’un conseiller avant de lancer la démarche.
Comment une entreprise peut-elle soutenir l’association ?
Par un don en ligne, du mécénat de compétences ou du bénévolat d’équipe. Avant tout don, il est utile de demander si un reçu fiscal peut être délivré, afin de connaître l’avantage fiscal réellement applicable.
Où trouver une domiciliation sociale à Clermont-Ferrand ?
Le CCAS de Clermont-Ferrand est l’interlocuteur de référence. Des associations agréées par la préfecture du Puy-de-Dôme proposent également ce service ; leurs coordonnées s’obtiennent auprès des services de l’État ou du CCAS lui-même.