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Qu’est-ce qu’un gestionnaire locatif doit au locataire ? Quittance, charges et dépôt de garantie

Qu’est-ce qu’un gestionnaire locatif doit au locataire ? Quittance, charges et dépôt de garantie
11 octobre 2026 5 min de lecture

Qu’est-ce qu’un gestionnaire locatif doit au locataire ? Quittance, charges et dépôt de garantie

Un gestionnaire locatif, qu’il soit une agence, un administrateur de biens ou le propriétaire lui-même, exécute trois obligations chaque année sans que personne ne les lui rappelle : remettre les justificatifs de paiement, régler la question des charges, et rendre le dépôt de garantie dans les délais. La loi du 6 juillet 1989 les encadre toutes les trois, avec des chiffres que les litiges de fin de bail rappellent trop tard.

La quittance : gratuite, détaillée, et distincte du reçu

Le bailleur ou son mandataire est tenu de transmettre gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande. Elle porte le détail des sommes versées, avec une ligne pour le loyer et une autre pour les charges. Le locataire n’a aucun frais à payer pour obtenir ce document. Dans un portefeuille de quarante logements, cela représente quarante demandes possibles chaque mois, qu’un modèle de quittance envoyé automatiquement permet de traiter sans frais et sans oubli.

Une distinction mérite d’être connue des deux côtés : la quittance atteste un paiement complet, alors qu’un paiement partiel donne lieu à un reçu. Un locataire qui verse 500 euros sur un loyer de 780 euros ne reçoit donc pas de quittance, mais un reçu mentionnant la somme versée. Ce n’est pas une nuance de vocabulaire : le reçu ne vaut pas preuve d’un loyer acquitté, et le gestionnaire qui confond les deux documents prépare un conflit pour plus tard.

Les charges : provisions pendant l’année, comptes un mois avant le solde

Les charges récupérables sont exigibles sur justification. Elles peuvent donner lieu au versement de provisions, qui doivent faire l’objet d’une régularisation annuelle. Une demande de provisions s’appuie sur les résultats antérieurs arrêtés lors de la précédente régularisation, et, dans un immeuble en copropriété ou lorsque le bailleur est une personne morale, sur le budget prévisionnel.

Le calendrier de la régularisation est précis. Un mois avant de la faire, le bailleur communique au locataire le décompte par nature de charges, avec le mode de répartition entre locataires dans un immeuble collectif. Pendant six mois à compter de l’envoi de ce décompte, les pièces justificatives restent à la disposition du locataire. Un décompte envoyé le 1er mars laisse donc les factures consultables jusqu’au 1er septembre, la régularisation elle-même intervenant un mois après l’envoi du décompte.

Un retard a un prix. Lorsque la régularisation n’a pas été effectuée avant le terme de l’année civile suivant l’année d’exigibilité, le paiement par le locataire se fait par douzième, s’il en fait la demande. Pour une régularisation de 480 euros due au titre de 2025 et jamais faite avant le 31 décembre 2026, le locataire peut donc demander à payer 40 euros par mois. La régularisation annuelle des charges fait l’objet d’un guide qui reprend ces délais, les pièces à conserver et les contestations possibles.

Changement de gestionnaire ou de propriétaire : qui reprend les obligations en cours

Un mandat de gestion qui prend fin ne remet pas les compteurs à zéro. Le dépôt de garantie versé par le locataire suit le logement : l’agence sortante le reverse au propriétaire ou à la nouvelle agence, avec le solde des régularisations de charges en attente. Le locataire, lui, n’a pas à réclamer deux fois la même somme.

En cas de vente en cours de bail, l’acquéreur devient le bailleur à la date de l’acte et reprend les trois obligations telles quelles. Le locataire doit être informé du changement et de l’adresse où adresser ses demandes. Une quittance demandée en mars à l’ancien gestionnaire reste due, même si le mandat a changé en février.

La précaution utile tient en un document : un état des sommes en cours au moment de la passation, dépôt de garantie, provisions de charges, régularisations non soldées, avec les dates de chaque échéance. Sans ce tableau, le nouveau gestionnaire découvre le dossier au premier litige.

Le dépôt de garantie : un mois ou deux mois pour le rendre

À la remise des clés, le compte à rebours commence. Le dépôt de garantie est restitué dans un délai maximal d’un mois à compter de la remise des clés lorsque l’état des lieux de sortie est conforme à l’état des lieux d’entrée, et de deux mois dans le cas contraire, déduction faite des sommes dues et dûment justifiées. À défaut de restitution dans ces délais, la somme restant due est majorée de 10 % du loyer mensuel en principal pour chaque période mensuelle commencée en retard. Pour un loyer de 780 euros, chaque mois commencé coûte 78 euros.

Le locataire doit, de son côté, indiquer son nouveau domicile au moment de la remise des clés : la majoration ne s’applique pas lorsque le retard vient de l’absence de transmission de cette adresse. Et toutes les actions dérivant du bail se prescrivent par trois ans, ce qui vaut pour une régularisation de charges oubliée comme pour un dépôt retenu à tort.

Les gestionnaires qui tiennent ces trois calendriers dans un tableau unique, avec une alerte pour chaque échéance, évitent la plupart des litiges. Et lorsque les charges restent impayées malgré un décompte régulier, Mon Avocat Bailleur explique les démarches possibles auprès d’un locataire qui refuse de les régler.