- Pour qui : les propriétaires qui louent un bien vide (location nue) et perçoivent au plus 15 000 euros de loyers bruts par an pour tout le foyer fiscal.
- Avantage : un abattement forfaitaire de 30 % censé couvrir toutes les charges ; seuls 70 % des loyers sont imposés.
- Déclaration : une seule case, la 4BE de la déclaration 2042, sans formulaire 2044.
- Limite : aucune charge réelle déductible et pas de déficit foncier possible.
Le régime micro foncier est le mode d’imposition par défaut des revenus fonciers modestes. Si vous louez un logement vide et que vos loyers annuels ne dépassent pas 15 000 euros, l’administration retient automatiquement 70 % de ces sommes comme revenu imposable : les 30 % restants représentent vos charges de manière forfaitaire. Vous n’avez rien à justifier, rien à ventiler, et la déclaration tient en un chiffre. Ce confort a pourtant un prix lorsque vos dépenses réelles (intérêts d’emprunt, taxe foncière, travaux) pèsent plus lourd que l’abattement. Ce guide détaille le calcul, la déclaration pas à pas, les exclusions et les bons réflexes pour savoir si ce régime reste avantageux dans votre situation.
Régime micro foncier : qui peut en bénéficier en 2026
Trois conditions cumulatives ouvrent l’accès au dispositif. La première tient à la nature de la location : il doit s’agir de location nue, c’est-à-dire d’un logement, d’un local professionnel, d’un terrain ou d’un parking loué sans meubles. La deuxième concerne le montant : le total des loyers bruts encaissés par le foyer fiscal sur l’année civile ne doit pas excéder 15 000 euros, hors charges locatives récupérées sur le locataire. La troisième est négative : vous ne devez pas relever d’un dispositif fiscal qui impose le régime réel.
Le plafond de 15 000 euros n’a pas bougé depuis de nombreuses années, ce qui a d’ailleurs motivé une question écrite à l’Assemblée nationale publiée en mai 2026 sur son actualisation. À la date de rédaction de cet article, aucune revalorisation n’est entrée en vigueur : c’est donc bien ce montant qu’il faut retenir pour les revenus 2026 déclarés au printemps 2027, sous réserve d’une évolution de la loi de finances.
Attention à ne pas confondre avec la location meublée. Un logement loué meublé génère des bénéfices industriels et commerciaux, imposés selon le micro-BIC ou le réel BIC, un univers fiscal proche de celui des petites entreprises. Pour cette logique de seuils et d’abattements propres aux activités commerciales, un détour par notre page qui Découvrez les caractéristiques et fonctionnement du régime des micro-entreprises permet de bien séparer les deux mondes.
Calculer l’abattement forfaitaire de 30 % sur vos revenus locatifs
Le mécanisme est volontairement simple. Vous partez du montant brut des loyers encaissés dans l’année, vous y ajoutez les éventuelles recettes accessoires (subventions de l’Anah pour travaux, indemnités d’assurance pour loyers impayés, droit d’entrée versé par un locataire), puis l’administration applique elle-même l’abattement de 30 %. Le revenu net foncier ainsi obtenu rejoint vos autres revenus et supporte l’impôt sur le revenu au barème progressif, ainsi que les prélèvements sociaux (17,2 % pour les revenus fonciers à la date de rédaction, taux à vérifier sur votre avis d’imposition).
Voici trois situations chiffrées pour un foyer dont la tranche marginale d’imposition est de 30 % :
| Loyers bruts annuels | Abattement de 30 % | Revenu foncier imposable | Impôt sur le revenu (TMI 30 %) | Prélèvements sociaux (17,2 %) | Coût fiscal total |
|---|---|---|---|---|---|
| 6 000 € | 1 800 € | 4 200 € | 1 260 € | 722 € | 1 982 € |
| 9 000 € | 2 700 € | 6 300 € | 1 890 € | 1 084 € | 2 974 € |
| 14 400 € | 4 320 € | 10 080 € | 3 024 € | 1 734 € | 4 758 € |
Le tableau montre un point souvent mal compris : l’abattement ne réduit pas l’impôt de 30 %, il réduit la base taxable de 30 %. Le gain réel dépend donc de votre tranche marginale. Pour un foyer non imposable à l’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus sur les 70 % retenus.
Autre subtilité : en cas d’acquisition ou de mise en location en cours d’année, les loyers ne sont pas ramenés à l’année entière pour vérifier le plafond. Un bien loué à partir de septembre ne compte que pour les quatre mois de loyers effectivement encaissés.
Déclarer ses revenus fonciers au régime micro, étape par étape
La déclaration se fait au printemps, lors de la déclaration annuelle des revenus de l’année précédente. Le parcours est court, mais quelques vérifications évitent les rectifications.
- Rassembler les montants encaissés. Reprenez vos relevés bancaires ou les comptes rendus de votre agence pour isoler les loyers perçus entre le 1er janvier et le 31 décembre, sans les provisions sur charges que le locataire vous rembourse.
- Ajouter les quotes-parts de sociétés. Si vous détenez des parts de SCPI ou d’une SCI à l’impôt sur le revenu, reportez la part de revenus fonciers figurant sur l’imprimé fiscal annuel transmis par la société.
- Vérifier le plafond. Le cumul de ces montants pour tout le foyer doit rester inférieur ou égal à 15 000 euros.
- Remplir la case 4BE. Dans la rubrique revenus fonciers de la déclaration 2042, indiquez le montant brut, sans retirer vous-même l’abattement. Le formulaire 2044 n’est pas à joindre.
- Contrôler l’avis. À réception de l’avis d’imposition, vérifiez que le revenu net retenu correspond bien à 70 % de la somme déclarée.
Nos lecteurs qui hésitent encore sur les bénéfices pratiques de cette formalité allégée trouveront un développement complémentaire dans l’article Les avantages de la déclaration micro foncier pour les investisseurs immobiliers, axé sur le gain de temps et la gestion administrative.
Les cas d’exclusion du foncier régime simplifié
Même sous le plafond, certains propriétaires sont tenus de déclarer au réel. C’est le cas notamment lorsque :
- un logement ouvre droit à une déduction spécifique ou à certains dispositifs d’investissement anciens (Périssol, Besson neuf, Robien, Borloo neuf, Scellier intermédiaire, Louer abordable dit Cosse) ;
- le bien est classé monument historique ou relève du secteur sauvegardé type Malraux ;
- vous détenez uniquement la nue-propriété ou l’usufruit de parts de SCPI dans certaines configurations ;
- vous avez exercé l’option pour le régime réel et la période d’engagement de trois ans n’est pas terminée.
La liste précise et ses mises à jour figurent dans la documentation officielle de l’administration fiscale. En cas de doute sur un montage ancien ou une situation de démembrement, mieux vaut interroger votre service des impôts des particuliers par la messagerie sécurisée de votre espace en ligne : la réponse écrite vous protège en cas de contrôle.
Micro-foncier ou régime réel : le test qui tranche
La question à se poser tient en une ligne : vos charges déductibles dépassent-elles 30 % de vos loyers ? Si oui, le régime réel est généralement plus intéressant. Au réel, vous déduisez les dépenses effectivement payées : intérêts et frais d’emprunt, assurance emprunteur, taxe foncière (hors taxe d’enlèvement des ordures ménagères refacturée), assurance propriétaire non occupant, frais de gestion, travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration, ainsi qu’un forfait de 20 euros par local pour les frais divers.
Prenons un appartement loué 7 200 euros par an. La taxe foncière atteint 900 euros, les intérêts du crédit 1 400 euros, l’assurance 180 euros et la gestion locative 560 euros. Total : 3 040 euros, soit environ 42 % des loyers. Au micro-foncier, vous seriez imposé sur 5 040 euros ; au réel, sur 4 160 euros. L’écart de 880 euros de base taxable représente plus de 400 euros d’économie annuelle pour un foyer à 30 % de TMI, prélèvements sociaux compris.
À l’inverse, un bien payé comptant, sans travaux, avec une taxe foncière modérée, atteint rarement 30 % de charges : le régime micro est alors à la fois plus simple et moins coûteux. Le choix doit se refaire régulièrement, car la part des intérêts baisse au fil du remboursement du prêt. Pour une méthode de comparaison complète, notre dossier Micro foncier ou réel propose une grille de décision sur plusieurs années.
N’oubliez pas que l’option pour le réel se matérialise simplement en déposant une déclaration 2044 au lieu de remplir la case 4BE. Elle vous lie pour trois ans : anticipez donc la fin d’un chantier ou le terme d’un emprunt avant de vous engager.
Erreurs qui coûtent cher en location nue
Les redressements sur ce régime portent rarement sur le calcul, que l’administration effectue elle-même. Ils viennent surtout d’erreurs de saisie ou d’oublis.
- Déclarer le net au lieu du brut. Retirer soi-même 30 % avant de remplir la case 4BE revient à appliquer l’abattement deux fois. L’administration finit par le repérer.
- Inclure les charges récupérées. Les provisions pour eau, chauffage collectif ou entretien des parties communes remboursées par le locataire ne sont pas des loyers.
- Oublier les SCPI. Les revenus de parts de SCPI comptent pour le plafond. Un investisseur qui ajoute quelques milliers d’euros de parts à ses loyers directs peut franchir le seuil sans s’en apercevoir.
- Croire qu’on peut déduire de gros travaux. L’année d’une rénovation énergétique, le micro-foncier ignore totalement la dépense. Opter pour le réel cette année-là est souvent plus judicieux.
- Mélanger nu et meublé. Un studio meublé et un appartement vide relèvent de deux régimes distincts, déclarés dans des rubriques différentes.
Un bon réflexe consiste à tenir un petit tableau annuel par bien : loyers encaissés, charges récupérées, dépenses payées. Ce suivi vous permet à la fois de déclarer juste et de réaliser le test des 30 % en quelques minutes chaque printemps.
Investir en Auvergne avec le régime micro foncier
Le marché auvergnat se prête bien à ce dispositif. Les prix d’acquisition restent modérés dans de nombreuses communes du Puy-de-Dôme, de l’Allier, du Cantal ou de la Haute-Loire, et les loyers d’un studio ou d’un T2 se situent souvent bien en dessous des niveaux observés dans les grandes métropoles. Un investisseur peut donc détenir deux, voire trois petits logements nus sans franchir le plafond de 15 000 euros.
Le revers concerne le bâti ancien, fréquent dans les centres-bourgs et à Clermont-Ferrand. Les obligations de performance énergétique imposent des travaux sur les logements classés F ou G, et ces dépenses ne sont pas valorisées au micro-foncier. Avant d’acheter un bien à rénover, il est utile de simuler les deux régimes sur les trois premières années.
Pour les entrepreneurs locaux qui envisagent de loger leur patrimoine dans une société, la question change de nature : une SCI à l’impôt sur les sociétés sort totalement des revenus fonciers. Notre synthèse sur la Fiscalité d’entreprise en France aide à comparer les options. Et si vous exercez en parallèle une activité indépendante en franchise de TVA, gardez en tête que la location nue d’habitation reste exonérée de TVA et n’interfère pas avec Le régime fiscal de l’article 293 B du CGI, qui concerne vos seules recettes professionnelles.
Simple, sans justificatif et souvent suffisant pour un premier investissement, le micro-foncier mérite d’être réévalué chaque année à la lumière de vos charges réelles. Un calcul de dix minutes au moment de la déclaration suffit à vérifier que vous ne payez pas plus d’impôt que nécessaire.
Le plafond de 15 000 euros se calcule-t-il par logement ou pour tout le foyer ?
Pour tout le foyer fiscal. On additionne les loyers bruts de l’ensemble des biens loués nus par les membres du foyer, y compris la quote-part de revenus fonciers venant de parts de SCPI ou de SCI soumises à l’impôt sur le revenu. Un couple qui loue deux appartements à 650 euros par mois chacun atteint 15 600 euros et sort donc du dispositif.
Mes loyers ont dépassé 15 000 euros cette année : que dois-je faire ?
Le dépassement s’apprécie sur l’année écoulée. Si le total brut perçu en année N dépasse le plafond, les revenus de cette année se déclarent obligatoirement au réel, avec le formulaire 2044. Si vos loyers repassent sous le seuil l’année suivante, le micro-foncier redevient applicable automatiquement, sauf option pour le réel en cours.
Peut-on revenir au micro-foncier après avoir choisi le réel ?
Oui, mais pas tout de suite. L’option pour le réel engage pendant trois ans. Au terme de cette période, elle se reconduit d’année en année : il suffit alors de déclarer à nouveau en case 4BE, à condition de respecter le plafond et de ne pas relever d’un dispositif qui impose le réel.
La location d’un garage ou d’une place de parking relève-t-elle du micro-foncier ?
En règle générale, oui. Un emplacement loué nu, sans prestation de services, produit des revenus fonciers et ses loyers s’ajoutent à ceux de vos logements pour vérifier le plafond. La situation change si le parking est loué avec un local commercial ou une activité de service, cas où un avis du service des impôts reste prudent.
Le régime micro foncier permet-il d’imputer un déficit foncier ?
Non. Avec l’abattement forfaitaire, le revenu imposable est toujours positif, puisqu’il représente 70 % des loyers. Le déficit foncier, imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an, n’existe qu’au régime réel. C’est souvent l’argument décisif l’année de gros travaux.